Internet, l’outil de liberté incontrôlable par essence

Comment allez-vous ce matin ? 🙂La carte d'Internet

En ce qui me concerne, je me repose d’une semaine assez chargée.
Beaucoup de projets à gérer, de problématiques techniques & réseau à solutionner.

Qu’importe ! Je suis sur que votre semaine n’a pas été de tout repos non plus !
Je vous invite à quelques minutes de « pause lecture », autour d’un phénomène de société qui ne cesse de grandir.
Coupez votre téléphone et installez-vous confortablement au soleil.
Bref, faites-vous plaisir ! Pour bien réfléchir il faut prendre soin de soi 🙂

Internet et le cas du site copwatch

J’avais envie de partager avec vous quelques pensées sur Internet, son histoire et sa façon d’être gérée par les politiques de tous bords …
Ce matin en buvant un bon petit café, je vois passer un article sur la décision de justice de bloquer un site Internet qui a pour objet de « surveiller » la police.
J’ai rassemblé quelques articles que vous trouverez ici :
– Le monde : http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/09/30/copwatch-un-site-qui-inspecte-la-police-sous-le-feu-de-gueant_1580332_3224.html
 – Le figaro : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/10/14/01016-20111014ARTFIG00629-copwatch-bloque-mais-ses-sosies-pullulent-deja-sur-le-net.php
 – Libération : http://www.liberation.fr/societe/01012365753-copwatch-interdit-d-acces-en-france

Je précise que je reste neutre face au débat qui oppose certains citoyens sur ce sujet.
Je pense que la police est nécessaire au bon fonctionnement d’un pays, et dans sa majorité les fonctionnaires qui y travaillent sont respectueux des lois et des humains.
Dans tout corps, ou groupe de personnes, il y a des brebis galeuses…
La police n’échappe pas à cette règle, nous pouvons tous en témoigner. Si nous étions parfaits nous le saurions 😉
En bref le fond de ma pensée : la police fait des erreurs, mais un pays sans justice et police pour l’appliquer serait bien pire.

Le peuple, la liberté et les politiques : je t’aime, moi non plus

La liberté ! La liberté !
Combien de révolutionnaires, de gouvernements, de femmes et d’hommes politiques ont promis la liberté !
Cette liberté si chère à l’être humain, et qu’il ne peut atteindre durablement….

La liberté d’expression que permet Internet, applaudie par les gouvernements du monde entier lors des révolutions arabes, est bien gênante quand elle pointe du doigt les erreurs d’un pouvoir en place.

La liberté, c’est ce que toutes les politiques promettent, puis parvenues au pouvoir, s’efforcent de contrôler…
Internet n’échappe pas à cette règle.

Internet : un média techniquement incontrôlable

Combien de personnes, de gouvernement ont essayé de contrôler Internet ?
Combien ont réussit ? Aucun.

La Chine, qui investit des milliards pour contrôler Internet, n’y arrive pas totalement.
La muraille est poreuse, les informations s’infiltrent, s’échangent, se cryptent, voyagent sur clé USB, rebondissent de WiFi en WiFi furtifs, se captent par satellite, etc …

Internet est incontrôlable. Pourquoi ? (J’avais abordé cette question dans mon article : http://www.rezo.biz/2010/12/04/wikileaks-ou-comment-larmee-us-se-piege-elle-meme-en-creant-un-systeme-incontrolable/)
La réponse à cette question se trouve dans l’histoire d’Internet.

L’ADN d’Internet réside dans la loi suivante : si une route est bloquée cherche une autre voie.
L’ensemble des règles, protocoles de communication, équipements réseau et programmes informatiques qui composent Internet sont construits autour de cette loi.

Demain, si Internet était totalement contrôlé, il suffirait de quelques heures pour recréer un Internet parallèle totalement libre.
La preuve de cette impossibilité technique est en partie démontrée par la réaction des internautes qui ont dupliqué (sites miroirs) le site copwatch et changeant son nom.
Il devient ainsi impossible de faire appliquer cette décision de justice car les sites changent de noms et s’exportent à l’étranger.
Et je ne parle même pas des réseaux de type Tor (http://www.torproject.org/), qui encryptent et font « rebondir » les données sur plusieurs ordinateurs avant de les laisser sortir sur le réseau mondial.

L’actualité, les procédés technologiques, l’essence même d’Internet montrent que c’est un média incontrôlable.

La justice, sa capacité d’application et les nouvelles technologies

Revenons-en au débat initial : la décision (temporaire) de justice de bloquer l’accès au site copwatch suite à la plainte du ministère de l’intérieur.
En aparté : je me demande bien ce qui a pu passer par la tête des conseillers qui travaillent tard place Beauvau …
Car pour donner une visibilité à ce site ils ne pouvaient pas faire mieux …
Ceci dit, lors de la dernière formation « Internet & Réseaux Sociaux » que j’avais donné à une ambassade de France à l’étranger, j’avais été surpris des idées reçues (sur Internet) exprimées par les conseillers que j’avais rencontré.

Et la justice dans tout cela ?
Comment appliquer une décision de justice dans un monde virtuel qui existe bien au delà de toutes les frontières géographiques ?
Cette situation pose un vrai problème. Car pour le régler il faudrait une harmonisation de toutes les lois qui concernent Internet dans le monde….

Pour faire respecter la loi nécessaire à la paix, il faudrait que toutes les nations du monde arrivent à une unité … et là, il y a comme un HIC … ;-))
Car l’unité est un des problèmes que l’humanité n’a jamais réussit à résoudre …
sauf quand il y a un cas de force majeur, et encore … (exemple : les réunions des pays du monde sur le climat aboutissent à des échecs)

Trouver un accord et choisir celle ou celui qui représente la France pour 5 ans, demande déjà un vrai tour de force …
alors imaginez pour 7 milliards d’humains …  on-est pas couchés !

Quel point commun entre 14-18, 39-45, Internet et le climat ?

J’avais trouvé intéressant, en discutant du droit de la guerre, de découvrir que la guerre était un droit reconnu à chaque nation jusqu’à la première Guerre mondiale. La SDN pose les bases de l’interdiction de la guerre. Elle échoue puisque la deuxième guerre mondiale se déclenche. Mais la SDN renaît sous la forme de l’ONU et ré inscrit cette règle dans son article 2.
Je cite : (source)

«  »Le jus ad bellum »
Depuis 1945, le jus ad bellum, ou « droit de faire la guerre », est clair : un État ne peut plus faire la guerre quand bon lui semble. En vertu de l’article 2 de la Charte des Nations Unies, la guerre d’agression est interdite, cette interdiction ayant été déclarée « de droit positif universel » (i.e. concerne les États membres, mais aussi les États non-membres de l’ONU). L’État agresseur, au sens de la Charte, est coupable ; l’État en légitime défense est dans son bon droit. Cet état de fait marque un retournement complet par rapport à la philosophie de la guerre ayant prévalu du XVIIe au début du XXe siècle. Durant cette période, au cours de laquelle se forment les États modernes, la guerre est en effet considérée comme légale et légitime. Les États sont seuls juges de leurs actions. »

En réfléchissant à ce cas j’en arrive à la conclusion suivante :
– l’humain essaye d’imposer des lois sur la planète quand il se fait peur (la peur de la destruction de l’humanité dans le cas de la deuxième guerre mondiale)
– l’internet pose des problèmes à beaucoup de gouvernements
– les impacts de l’activité humaine sur le climat mettent en danger tous les humains

Les deux premières guerres mondiales, le climat et Internet mettent les humains face à des questions de gouvernance mondiale.
Globalement, que ce soit à l’échelle personnelle ou mondiale, l’humain se pose des questions et change quand il se fait peur…
Dans le cas d’Internet je ne pense pas que nous nous ferons peur au point de mettre en place des règles communes.

C’est pour toutes ces raisons que je pense qu’Internet restera encore longtemps un média si « divisé » qu’il restera incontrôlable …

Bon dimanche à toutes et à tous !

Ruben GRAVE

P.S : psstt … Vive la Liberté !!!! 😉

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