Destination : Irak 4

8h20 L’avion décolle.
Pour tous, ce vol restera en mémoire.
Quelques-uns n’ont jamais pris l’avion et pour d’autres, c’est l’occasion d’un véritable baptême de « roller en vol ».
– Ça doit être de la bombe de se faire un décollage en roller ! –
Si y’avait encore des septiques…


Nous quittons le territoire Français, survolons l’Italie, la Yougoslavie, nous évitons le survol de la Grèce qui avait retiré son autorisation, nous survolons la Turquie et la Syrie avant d’entrer dans l’espace aérien irakien. Les américains exerceraient-ils une petite pression sur la Grèce ?
À ce moment-là, nous sentons la tension monter dans le poste de pilotage et nous interrompons nos visites du cockpit… (NDLR : discuter avec le pilote est une activité courante dans les avions privés 🙂 )
Les pilotes sont obligés de re-déposer un plan de vol en urgence.
Nous bifurquons alors vers la Bulgarie pour atteindre la Turquie, que nous survolons entièrement, et pour arriver enfin à la frontière Irakienne.
Cependant l’atmosphère reste encore tendue. Dans un premier temps, l’avion n’arrive pas à entrer en communication avec la tour de contrôle Irakienne alors que nous survolons déjà leur territoire.
12h33
Le pilote annonce fièrement « accord des autorités irakiennes pour atterrissage ».
La descente de l’avion s’amorce. Un dernier briefing de la fondation nous rappelle que de nombreux journalistes seront présents à notre arrivée. Nous sommes invités à ne pas nous engager dans des discours trop prononcés :  » vous n’êtes pas là pour ça, la fondation a son porte-parole, mais vous êtes libres « .
Un regard par le hublot et nous apercevons des postes de défense anti-aérienne.
Libres mais dans un état militaire…
13h15 Atterrissage.

Une étrange sensation de vide nous submerge. Le désert, l’aéroport, les longues pistes… et pas un seul avion à l’horizon.
On est à Bagdad, en Irak, au  » Saddam International Airport  » ouvert aujourd’hui pour « l’avion Français ».
L’aéroport Saddam Hussein était rouvert depuis le 17 août 2000. Trois avions y avaient attéris depuis.
En se rapprochant des bâtiments de l’aéroport, à l’occasion d’un virage de l’avion sur la piste, nous apercevons au loin une soixantaine de personnes sur le tarmac.
Le crépitement des flashs commence.
Ça y est, on y est.
5h de vol pour braver l’embargo.
La porte de l’avion s’ouvre, nous passons à l’heure irakienne (+2h).

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