L’intimité vue par … la nouvelle génération, vous et moi ;-)

L’intimité vue par … la nouvelle génération, vous et moi 😉

La semaine dernière, l’article que j’écrivais sur le buzz des couleurs de soutient gorge sur FaceBook provoquait quelques réactions…

Cette semaine beaucoup d’actulité : l’interview du président de FaceBook (cliquez ici pour la lire), un excellent article du monde sur la vie privée (cliquez ici pour le lire ) dont je parlais dans mon précédent billet et …  la sortie ratée du projet Hadopi (un excellent résumé ici) qui viole les principes qu’elle est sensée défendre …

Beaucoup de sujets qui, de mon point de vue, sont liés au respect de l’autre, à son identité, à son intimité…

Et comme vous le savez peut-être, j’aime bien ces sujets ! Faut pas me lancer dessus pendant un repas, je ne m’arrête plus ! Un peu bavard le garçon. Lol

Je lisais dans l’article parut dans le monde, que la jeune génération, perçoit le respect de la vie privée d’une manière totalement différente de la notre. En effet nos chers bambins, qui sont nés avec l’ordinateur au pied du lit, ressentent une intrusion dans leur vie privée beaucoup plus forte de la part des figures d’autorité de leur environnement familiale et scolaire, que de la part des institutions publiques ou commerciales sur le net. Le net représente pour eux un espace de liberté qui leur permet souvent d’échapper à « l’oppression » familiale et de vivre leur vie personnelle qui commence. Cette situation pose une question beaucoup plus importante : la définition de ce que doit être l’intimité dans la famille à l’ère numérique. Car la fracture de génération, qui est déjà énorme va s’amplifier entre nos enfant et nous, sur ce sujet de la protection de la vie privée, puisque selon eux c’est dans la sphère bien réelle de la famille, que leur première vie privée n’a pas été respectée … alors le net … quelle importance ?

L’enfant adolescent qui s’ouvre au monde, est prêt à partager son intimité avec le monde entier, sauf si c’est avec ses parents. Le web amplifie cette tendance naturelle.


C’est un phénomène assez étonnant, pourquoi ? Car même si je ne suis pas spécialiste du domaine, je me rappelle très bien de mon adolescence et des émotions qui m’habitaient, et c’est bien une époque ou nous remettons tout en question pour forger notre propre identité, nos propres repères. Mais pour que cette transition candide, souvent douloureuse, se déroule dans le meilleur des mondes, l’adolescent a besoin de deux éléments fondamentaux : des repères fermes contre lesquels il va pouvoir se tester et un lien de confiance qui doit être préservé avec ces mêmes repères d’autorité. Il va avoir besoin de « faire le mur », d’aller contre les règles établies, pour imaginer les siennes, mais aussi de repères affectifs qui sauront maintenir le dialogue et le lien en lui faisant confiance, en l’accompagnant, parfois en lui barrant la route ou en l’encourageant à prendre son premier envol. Pour les plus tenaces, ils auront besoin de parents qui viennent les chercher au commissariat, qui sauront leur mettre une bonne raclée justifiée et leur montrer qu’ils les aiment plus que tout.

C’est la première fois dans l’histoire humaine, que le repère du savoir n’est pas la génération d’avant


L’apparition de ce lien numérique, dans cet équilibre subtile qui dure pendant cette transition de l’état de dépendance à l’état d’indépendance, va souvent mettre un bazar indescriptible ! Pourquoi ? Car elle va venir alimenter nos peurs (celles de l’enfant et surtout celles des parents) et nos incompréhensions. Il y a un autre élément qui va faire exploser cette situation déjà tendue : pour la majorité des parents Internet c’est nouveau, inconnu et souvent synonymes (à juste titre) de tous les dangers, alors que pour l’enfant c’est l’espace de liberté, c’est l’endroit ou il peut raconter à ses copains les misères que ses parents lui font subir… D’un coup l’espace virtuel, est devenu le symbole de liberté pour les uns et le danger suprême pour les autres… « Avant c’était la rue » me direz-vous, qui représentait cet espace et vous auriez en partie raison. A la « seule » différence, c’est que dans la rue, il y a le regard des adultes qui est présent. Sur la toile, dans leur chambre, ils font face à un monde agressif, ou par exemple, la sexualité est présentée d’une manière brute et bien loin des émotions qu’ils commencent à découvir. Et ils sont d’autant plus seuls, que leurs « amis » de msn ou FaceBook, ne sont même pas là pour partager ce premier regard sur ce monde qu’ils découvrent.

La seule voie viable, et qui permet de traverser cette crise, c’est la sauvegarde à tout prix du lien et d’une communication libre, transparente ou l’enfant adolescent pourra s’ouvrir facilement et garder ses parents en repères bienveillants. C’est bien de lien et de confiance que nous parlons.

Le lien réel et la confiance réelle, contre les risques relationnels du lien virtuel.

La construction relationnelle et morale dans l’espace familiale contre la consommation sociale et virtuelle accompagnée du vide relationnel. Car il y a bien opposition de lien. Le lien numérique, la fausse liberté, contre le lien familiale, le lien de confiance.

Mais alors l’intimité dans tout ça ? L’intimité c’est le degré d’ouverture entre 2 individus reliés par un lien de confiance. La protection de la vie privée, ou de l’intimité est donc bien en train de voler en éclat car le lien de confiance s’est désagrégé. L’espace numérique est devenu synonyme de liberté, de confiance pour la génération montante. L’intimité y est dévoilée, partagée depuis la naissance de leur identité, pourquoi ça devrait changer ?

L’intimitée dévoilée sur le net c’est l’impossibilité de choisir à qui l’on s’ouvre.

Cette situation me fait penser au texte biblique (matthieu 24:9) qui décrit une caractéristique de notre époque en disant : « l’amour du plus grand nombre se refroidira ».

Car finalement c’est bien de cela qu’il s’agit : de liberté, de lien, de confiance, d’intimité et d’Amour.

Crédit photo : 7 sur 7 et Plurielles et Parentingteens

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